Label

Nickel Pressing a rejoint le label LoAF recordings (Extra Life, The Present, Gablé, etc.) pour sortir son premier EP uncanny, le 22 novembre 2010. Le label est l’un des trois piliers de la maison de disque Lo, située à Londres.

Lo, c’est une certaine vision de la pop, teintée d’électro et d’expérimentations, à laquelle on doit d’abord des collaborations et remixes signés Tortoise, Blur et bien d’autres, mais aussi et surtout des parutions originales de Red Snaper ou encore The Chap. Acronyme de Lo Alternatives Frequencies, LoAF est le laboratoire sonore de Lo, l’enseigne qui lui permet de tester de nouvelles choses au point – et cela arrive même aux meilleurs – de collaborer avec des Frenchies (Gosh ! déjà Gablé, maintenant Nickel Pressing…).

Pour marquer son entrée dans l’école de la « domestic pop », Nickel Pressing a souhaité rendre hommage à son équipe de producteurs malicieux, en publiant d’une part des photos chocs les mettant en scène en plein travail (leur attitude, terriblement déconcertante, est une technique redoutable visant à faire comprendre à un artiste qu’il n’a pas assez bossé), d’autre part en retranscrivant intégralement l’article que la revue Mouvement a consacré à Lo en avril-juin dernier. Keep domestic pop real !

Udi (à g.) et Vincent (à d.), entre élégance et décontraction
Udi (à g.) et Vincent (à d.), entre élégance et décontraction

« 15 ans de mélanges sonores

C’est en 1995, en pleine ébullition musicale électronique britannique, que Jon Tye fonde le label Lo Recordings. A cette époque, les labels Warp, Ninja Tune et Rephlex semblent dicter les fusions et lignes de fuite possibles de l’après-IDM (Intelligent Dance Music) en ambient, drum’n’bass ou incarnations plus expérimentales. Sans avoir l’envergure et la force de frappe de cette troïka électronique, Lo Recordings va se faire un nom avec une série de compilations proposant des collaborations (sur le disque du même nom) entre des musiciens triés sur le volet, de registres et de générations divers (David Toop / Bedoin Ascent, Lol, Coxhill / Paul Schütze). United Mutations et Further Mutations offrent ensuite de douces expérimentations conviant entre autres Hood, Tortoise, Chasm (alias Robert Hampson), quelques électrons libres (le bricoleur jazz bancal concert Richard Thomas), et de multiples projets de Jon Tye : l’électrisant Echo Park (avec Tony Wilson), le techno MLO (avec Peter Smith), l’absurde et abstrait Hairy Putter (avec Richard Thomas).

Outre ses aptitudes de producteur hors pair, Tye a aussi le nez fin. C’est ainsi qu’en 1998, avec Altered States Of America, il lève le rideau sur une scène électronique américaine aux sensibilités richissimes, des labels tels que Vinyl Communications, Drop Beat, Phthalo, et des musiciens comme Matmos, Eight Frozen Modules et Chesie. Toujours en 1998, Tye propose un projet de remixes de morceaux de Thurston Moore ; prétexte brillant à enrôler certains agitateurs électriques (V/Vm, Russle Haswell) aux côtés de Blur et Stereolab.

Mais le point faible du label est qu’il manque cruellement d’albums d’artistes originaux, et les longs formats de Rothko, Red Snaper, les compilations de perles rares de Luke Vibert et de Barry 7, tous comme les premiers et très respectables albums de Twisted Science et Cursor Miner, ne font pas autant de bruit que les coûts d’éclat originels. En 2003, The Horse, le premier album de The Chap renverse la tendance et apporte une énorme bouffée d’air frais avec un disque de pop métronomique sautillant et plein d’humour. Après un nouveau passage à vide de trois ans, Tye, grand fan de Library music et de disco, entreprend de sortir 28 ans après son coup d’éclat disco, un nouvel album de Black Devil Disco Club (alias le français Jacky Giordano), suivi par une collaboration entre Jean-Jacques Perrey et Luke Vibert.

Tye inaugure à cette occasion LOeb (LO experimental beats), label de vinyles comptant à ce jour une dizaine de références. A peu près à la même époque, naît LoAF (Lo Alternative Frequencies). Initié sur CDR, avec une productivité enragée, ce sous-label a gardé un rythme de sorties soutenu multipliant les sensibilités ; du pop folk (Dark Captain Light Captain, Gablé, Charlie Alex March) aux expérimentations poétiques de The Present en passant par la krautpop finement ciselée de The Vowels. Cette segmentation semble avoir été bénéfique à Lo, dont le canal historique persiste dans la disco spatiale (cf. Hatchback) tout en proposant les régulières perles de The Chap. Christophe Taupin »

 

Site web de LoAF :

http://www.l-o-a-f.com/

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