Musique

Alors que l’été 2007 bat des records de températures, les frères Monnereau et Yann Sandeau se rejoignent pour fonder un groupe de pop rafraichissante. Par le choix de sa formation atypique violon-basse-batterie, le groupe affirme rapidement un son rugueux et coloré, teinté d’électronique. Des enfants bercés à Sonic Youth et the Fall prétendent faire du rock sans guitares…

Nickel Pressing

(c) Amélie Viale

De 2008 à 2010, NICKEL PRESSING montre sur scène de vraies qualités de performers, ralliant à sa cause les publics français de Lyon, Grenoble, Paris, Nantes,… ainsi que les artistes dont ils font la première partie, notamment We Have Band, Cheer Accident et The Chap. Ces derniers apportent au groupe un soutien inconditionnel, et disent d’eux : «  Il est rare pour nous de connaître un tel plaisir à jouer avec les groupes avec lesquels nous partageons l’affiche, mais ces gars ont été exceptionnels. » (www.factmag.com, 08/06/2010). C’est donc tout naturellement qu’en 2010, les Lyonnais rejoignent le label anglais Loaf Recordings (branche de Lo rec., écurie de The Chap), afin de sortir un premier EP, uncanny.

Ce mini-album comprend quatre titres originaux au croisement du postpunk et de la pop, une reprise audacieuse des pionniers Kraftwerk, ainsi qu’un remix signé ANI (1). Le premier morceau Beck is back démarre en flèche sur un canon de surf music, faisant croire à un revival 60’s. Mais le son, rude et linéaire, laisse présager autre chose. Rapidement, on comprend que cet album ne peut se résumer à l’exacerbation d’un quelconque sentiment de légèreté. Chaque phase d’euphorie dissimule une source de tension, chaque phrase a priori amusante illustre un paradoxe. Et, comme en réponse improbable au Déjeuner sur l’herbe d’Edouard Manet, le leitmotiv du second morceau Do you want to come to our sexy picnic ? s’avère tout aussi inquiétant que divertissant.

(c) Amélie Viale

(c) Amélie Viale

La musique de Nickel Pressing ne serait-elle donc pas une simple illustration du titre de leur EP, uncanny, qui caractérise les choses anormalement déroutantes ? Si tel est le cas, la reprise de Neon Lights de Kraftwerk en est le faire-valoir. Le morceau occupe sans surprise une place centrale dans l’EP. Son déroulement, lent et mélodique, dresse la toile de fond d’un décor urbain a priori rassurant, que viennent déconstruire des intrusions sonores aux vertus fantastiques.

Les deux morceaux suivants, davantage compacts et dansants, s’immiscent dans l’univers plus léger de la mode, qu’ils marquent au fer rouge de rengaines absurdes, rappelant les slogans excentriques de Devo. « I can’t Watch your ass / Cause I find your shoes so uggly / What a pitty baby / What a pitty for me ! » (Shoes). Après un Quick Fashion davantage alambiqué, le remix de Shoes par ANI recouvre finalement  l’album d’un halo de dance éthérée. Comme s’il était nécessaire de refermer la boite de pandore sur cet uncanny, pour se remettre en douceur des émotions qu’il esquisse entre surprise et jubilation.

(c) Amélie Viale

(c) Amélie Viale

NB : Le remix de Shoes par ANI est disponible en exclusivité sur iTunes.

 

Chroniques de UNCANNY :

Not for Tourists (FR)

L’Oreille de Moscou (FR)

Ground Control to Major Tom (FR)

La Magic Box (FR)

Whisperin and hollerin (UK)

Sounds XP (UK)

 

Myspace de Nickel Pressing :

www.myspace.com/nickelpressing

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